Les résumés des conférences

Retrouvez ici les résumés de certaines conférences afin de vous donner envie de venir les écouter ou découvrir ce qui va y être dit.

Les résumés sont dans l’ordre d’intervention au cours de ces deux jours.


Simon DAIREAUX

Le poète est un animal

A compter des années 1860, la voix poétique perd de sa superbe et descend des hauteurs parnassiennes. Nous envisagerons cette rupture esthétique à travers la figure animale. Animaliser le poète, c’est mettre à mal la lyrique amoureuse et faire entendre les traits dissonants d’une poésie résolument tournée vers la dérision et la provocation. En témoigne le nouveau bestiaire : le mignon rossignol de Ronsard est recouvert par des « vols criards d’oiseau » (Verlaine) à moins qu’il soit supplanté par le « gauche et veule » albatros (Baudelaire), le poète devient crapaud ou Bob, « chien de femme légère » qui voudrait caresser sa maîtresse (Corbière). Le scabreux n’est pas loin, la parodie non plus.

 


Patricia BOUCHENOT-DECHIN

Les animaux dans l’univers de Charles Perrault : Peau d’Âne, Le chat botté, Le petit chaperon rouge  et autres curiosités

Le nom de Charles Perrault est associé à ses Contes. Les animaux y tiennent une place privilégiée, parfois bien différente de leur adaptation cinématographique par Walt Disney. En parcourant les écrits de celui qui a fait la gloire de Louis XIV, on découvre un fabuleux bestiaire. Derrière une approche en apparence classique, non sans références à l’Antiquité, Perrault apparaît bien comme le plus moderne de son temps nous laissant ainsi penser que l’animal le plus étonnant de son œuvre est sans doute l’auteur lui-même.


Michel RAYNAL

La cryptozoologie : peut-on encore découvrir de grands animaux inconnus de la science ?

L’inventaire de la faune de la planète est loin d’être achevé : on décrit chaque année des milliers d’espèces nouvelles, surtout des insectes, mais il arrive que l’on découvre encore des espèces animales de grande taille.

Ces dernières ne sont des « découvertes » que pour les scientifiques, car elles étaient déjà connues des gens de la région, et bien souvent déjà signalées depuis fort longtemps.

Les cas les plus emblématiques de la cryptozoologie (comme le « monstre du Loch Ness ») sont abordés de manière critique, mais aussi d’autres bien moins célèbres mais certainement plus vraisemblables.


Eric BARATAY

Ecrire des biographies animales: la girafe de Charles X

À l’automne 1826, la girafe offerte à Charles X par le Pacha d’Égypte débarque à Marseille où elle hiverne et s’acclimate aux habitants. Ensuite, elle traverse de nombreuses cités, notamment Aix et Lyon, au printemps 1827, lors de sa montée pédestre sur Paris, et cette première girafe vivante en Europe et France depuis longtemps fait sensation, comme si l’on promenait de nos jours un Martien.

Elle déclenche des modes vestimentaires, artistiques, et surtout attire les foules le long de son passage. La conférence évoquera l’aventure de cette girafe de son côté, de son point de vue, ainsi que les modalités de la rencontre entre elle et les Français, en soulignant les craintes, les incompréhensions, les passions, les ajustements réciproques, en montrant ainsi l’intérêt de regarder les animaux pour restituer la part animale des sociétés humaines et pour comprendre les hommes.


Philippe MICHELMichel PHILIPPE

L’exploitation des ressources animales par les chasseurs du Paléolithique

Pour l’homme du Paléolithique, l’animal ne constitue pas seulement une source alimentaire. Il est aussi pourvoyeur de multiples matières premières utilisées dans le champ technique : bois et os (aiguilles, pointes de sagaie, percuteurs, …), peau (habillement, couverture d’abris), tendons (liens, fil), viscères (outres, gaines alimentaires) et dents (parure) font partie des matériaux de base de l’équipement des groupes.

Nous évoquerons aussi les stratégies de chasse et la place de l’animal dans le domaine spirituel, qui nous est essentiellement accessible par les représentations artistiques.


Loïc GUILPAIN

Loft story: candidats ou bêtes de foire ?

En 2001, Loft Story révolutionne la télévision française. Concept génial et novateur pour certains, télé-poubelle et voyeurisme pour d’autres, l’émission cumule scandales et succès d’audience. Au fil de la conférence, nous nous intéresserons à ces « lofteurs » : qu’étaient-ils vraiment, candidats ou bêtes de foire ? Et s’ils n’étaient que de simples rats de laboratoire ? A moins qu’ils n’aient été les dindons de la farce d’une production qui avait trouvé ses poules aux œufs d’or ? Nous prendrons le taureau par les cornes pour tenter de répondre à ces questions.


Thierry ROGEL

Leçon d’économie et fragments de société dans le monde de Picsou

La fiction animale a toujours quelque chose à nous apprendre sur le monde des hommes et Disney ne fait pas exception.

En confrontant les récits de Picsou publiés aux Etats-Unis entre 1947 et 1970 à son ancêtre et modèle, Uncle Scrooge de Charles Dickens (dont l’apparition date de 1843, en pleine Révolution Industrielle), nous voyons se dégager une critique acerbe mais toujours ludique de l’Amérique  moderne des années 50.


MilletNicolas MILLET

A l’école des animaux: le philosophe et les bêtes, de Socrate à Derrida

L’hypothèse qu’on souhaiterait faire – et qu’on aimerait vérifier ! – au cours de cette conférence est la suivante : la philosophie ne peut parvenir à la pleine compréhension d’elle-même et du monde, n’être philosophie au sens propre (amour, recherche de la sagesse) qu’à la condition de considérer les animaux.

Considération qu’on doit d’emblée entendre en deux sens : au sens immédiat du regard attentif porté sur, mais aussi sens moral d’accorder une valeur, une dignité. Car les animaux ont souvent été déconsidérés par les philosophes : sorte de repoussoir grâce auquel on pensait pouvoir mieux définir l’homme dans sa supposée nature : l’intelligence.

Et si l’homme ne pouvait véritablement avoir d’intelligence de lui-même qu’à se mesurer à celle de ces êtres réputés être (des) bêtes ? Et si la sagesse qu’il cherche tant ne pouvait se trouver qu’en portant son regard sur ces dernières ? Mieux : en posant son regard sur le regard que les animaux posent aussi sur le monde ? Ne serait-ce pas à ce moment-là justement qu’il deviendrait proprement humain ?

Quel programme ! Où l’on croisera, en suivant quelques philosophes – Socrate, Diogène, Levinas, Derrida, etc. – un taon, un poisson-torpille, un chat, une tique, un auroch et bien d’autres animaux encore.


Patrice MENIEL

Les Gaulois mangeaient-ils des sangliers ?

Les restes animaux découverts lors des fouilles archéologiques sur des sites de l’âge du Fer en France permettent d’esquisser une histoire de l’alimentation carnée des Gaulois. En effet, leur étude permet de dresser une liste des espèces consommées, de préciser les règles de choix des animaux (âge et sexe) et certaines des modalités de préparation (découpe et cuisson).

Les repas, qui se déroulent dans divers contextes (habitat, sanctuaire ou nécropole), reposent essentiellement sur les animaux du cheptel, avec parfois du chien et du cheval, mais ne comportent que très peu de viande de gibier, et il s’agit surtout de cerf ou de lièvre.


Alain CABANTOUS

Monstres marins : entre réel et imaginaire (XVIe-XXe siècle)

Plus que les terres ou que le ciel, la mer, depuis les grandes cosmogonies de l’Antiquité, est réputée contenir une faune monstrueuse. Venues des profondeurs inconnues, toute sorte de bêtes singulières, gigantesques et dangereuses ont longtemps participé aux aventures océanes.

Par leur agressivité rapportée encore tardivement par la littérature et par l’image, la présence néfaste de ces animaux accroissait singulièrement les risques et périls de toute navigation.